06/03/2007

4 La nuit d'après

« Cet accès à l’au-delà est-il réservé à quelques initiés ou le commun des « mortels » peut-il dialoguer avec ses disparus ? Est-ce dangereux ?

_Il faut tout de même préciser qu’il peut y avoir quelques dangers à fréquenter l’Au-delà, certaines entités étant encore, comme sur Terre, mauvaises, donnant par exemple de très mauvais conseils. Il convient de demeurer lucide et aussi de prier, d’avoir des pensées positives afin de se protéger.

Je pense que tout le monde peut pratiquer la TCI avec plus ou moins de bonheur cependant. Maintenant, il est avéré que certaines personnes semblent posséder une capacité, une attitude, un don de mediumnité qui facilite les contacts. »

Interview d’une spécialiste française de la TCI lu sur un site internet ce soir là avant d’aller me coucher.

 

Géraldine n’arrêtait pas de changer de position dans le lit poussant parfois de faibles gémissements. Des petits plis d’anxiété ridaient ses paupières, elle semblait se forcer à garder les yeux fermés. La peur de l’après midi profitait du masque de la nuit pour revenir à la charge. La lumière de la pleine lune passait à travers le double filtre des branches nues de l’arbre du jardin et des rideaux blancs de la fenêtre de la chambre pour venir tatouer d’une douceur irréelle la joue de Géraldine. Je regardais longuement la pâleur exquise de sa peau puis je partais sans m’en rendre compte pour un nouveau voyage dans le temps.

 

Revenu sur les lieux de son enfance, Gilbert parlait souvent de sa période parisienne précisant que là-bas, il ennuyait le peu de monde qu’il côtoyait avec des anecdotes sur son village. Cette nuit-là, je me souvins de paroles qu’il n’avait sans doute jamais prononcé.

_Les premiers mois avec Anne-Marie furent très excitants, j’avais l’impression d’avoir pêché la femme parfaite, intelligente, attentionnée mais, peu à peu, ces mêmes qualités se muèrent en défauts. L’hameçon n’avait plus d’appât et à force de balancer dans le vide, il m’était rentré dans la peau et me déchirait la chair.

 

La première fois qu’on était allé à la pêche, seuls comme des grands, tu étais tombé dans la rivière. Je revis ces sept kilomètres de route départementale qui séparaient ce coin soi-disant poissonneux, d’où nous étions revenus bredouilles, du village. A deux sur mon cyclo avec les cannes à pêche et le seau vide prévu comme vivier, le bruit infernal du pot d’échappement sans cloche (perdu lors d’un décalaminage « subtil »), le souffle du vent accru par la vitesse du deux roues décoiffait nos cheveux de « rebelles without a casque » et l’odeur âcre de la vase qui nous caressait les narines à rebrousse-poil.

 

_Elle n’aimait pas beaucoup la télévision et mettait un point d’honneur à ne pas regarder de séries américaines, même celles louées par ses Télérama. Elle visionnait des films qui m’ennuyaient, trouvait TF1, la pétasse colorée inondée de lumière, abêtissante mais voulait parfois regarder Arte, la triste intello au grain sinistre. Elle provoquait des scènes de ménage puis m’accusait de les avoir provoquer parce que je ne rangeais pas un torchon où elle aurait voulu que je le range, enfin ce genre de broutilles qu’elle élevait sans en avoir l’air en véritables obligations. Certains soirs, Anne Marie demandait à tout bout de champ si j’avais fait ci, si j’avais pensé à ça, si elle n’avait pas grossi des fesses, si la pizza surgelée que nous venions de manger était bonne, tout un tas de questions tue-l’amour à balles ordinaires alors que je voulais plus de sexe, d’alcool, de vie, de rires féroces et de folies muettes. Je voulais aussi stopper cette propension, que nous partagions allègrement avec nos amis parisiens, à parler de tous les problèmes du monde en tant que spécialistes alors qu’on n’y connaissait rien. Les banlieues, le Darfour, le voile islamique, le mariage homosexuel ou encore le nucléaire iranien ne nous faisaient pas reculer au contraire, nous avions toujours un avis définitif à dispenser sur un sujet donné. Evidemment, pour être crédible en spécialiste, nous faisions appel à  un jargon magique qui transformait des généralités en vérités. Sous l’apparence de grands défenseurs des libertés universelles, nous ordonnions des mots creux  censés parler à tous dans des partitions classiques d’appréciations toutes faîtes et des symphonies pédantes de grandes phrases vides qui se voulaient implacables. Les poncifs pleuvaient sur les tables même les jours de grand ciel bleu. Tu sais, dans une ville, les conditions météorologiques perdent de leur importance. Aux rares moments où j’obtenais d’Anne Marie ce que je disais désirer, je voulais encore plus de je ne sais quoi, plus de cette substance que l’on n’a jamais vraiment, une espèce d’absolu plénitude qui n’est plénitude que par son impossibilité d’être et je m’en voulais terriblement.

 

Je ressentis soudain une sensation de grand vide semblable à celle ressentie quand tu avais quitté le village. Je m’étais retrouvé seul à fumer des pétards en haut du boulodrome et quand le vent soufflait, il me semblait t’entendre pester contre le reste du monde et je te répondais les cornées humides. Même le mistral ne les séchait pas.

 

_Chaque fois qu’un homme était intéressé par ses propos, j’étais désolée pour elle, je pensais qu’elle serait certainement plus heureuse avec lui. Je ne comprenais pas ce qu’elle faisait avec moi, le péquenot fainéant inadapté de naissance à tous les milieux existants. Elle si belle, si instruite, si autoritaire sur certains sujets était fréquemment bien trop laxiste à mon égard. Elle m’aimait sans doute alors que je l’admirais mais cette admiration me rongeait, me poussait à refouler l’essence de mon être gagnée par la rouille d’une vie de couple. « Essence de mon être », ça lui plairait cette expression, fais moi le plein chérie que je puisse rouler la nuit entière sur les autoroutes de l’information !

 

Ton rire, énorme et unique, celui qui réveillait de leur torpeur alcoolisée les piliers de bar locaux affalés sur leur verre.

« Mais qui c’est qui rit comme ça ? Ca, par exemple ! ». Qui c’est ? Ils ne l’ont jamais vraiment su. Qui a entendu la plainte profonde cachée dans l’ombre du volume tonitruant de ton rire effrayant ?

 

_L’amour est un vieillard borgne qui décoche ses flèches mais se trompe souvent de cible. Je me disais souvent qu’Anne Marie serait plus heureuse avec notre voisin le routier et moi avec Lucie mais voilà, les dés avaient été jetés et le fait de la tromper me procurait un plaisir douloureux, un plaisir masochiste mais un certain plaisir. Lucie m’offrait un plus, moins cérébrale avec des goûts simples et surtout, elle avait la capacité de deviner mes désirs sexuels. Certes, elle était un peu vulgaire mais elle était chaleureuse, elle aimait la vie, le sexe, les frites non surgelées et les rires si gras fussent-ils. Elle regardait des émissions que j’aurais voulu voir avec ma femme comme le faisait mes parents, lisait des magazines avec des photos de nombrils ouverts sur le monde plutôt que des livres qui racontaient des histoires de nombrils qui sentaient le renfermé. Mais ce n’est pas tout, Lucie avait des enfants et aimait comme moi l’inspecteur Derrick. Ah, ses lumineuses réflexions sur le vieil inspecteur allemand auxquelles, généralement, je m’accordais : « Derrick il est bien, c’est un vrai flic, il a une sale gueule, des yeux si gros que rien peut lui échapper ! Il est pas sympa, il est pas là pour rigoler, il essaie pas de résoudre tous les problèmes de la société le regard plein d’humanité à la Roger Navarro. Non, il fait juste son boulot, bien carré, bien boche, quoi ! ». Anne Marie avait représenté une ascension, c’était une dame et je n’étais qu’un petit-fils d’agriculteurs. Le bon sens de la terre, cette sorte de boue argileuse me collait aux bottes sans que je n’aie jamais vraiment foutu les pieds dans un champ excepté pour jouer au football ou pour voler des fruits.

 

L’incomparable goût sucré de pêches cueillies sur l’arbre afflua soudain dans ma bouche. Je caressai le duvet sur leur peau, le parfum du fruit enveloppa le bout de mes doigts. Je me réveillai avec une envie de pêches, plus exactement de pêches du verger de « Mandgeribasse », les meilleures du secteur mais hélas, nous étions au mois de Mars. En guise de verger de pêchers nus débarquant à l’improviste dans la chambre, j’aperçus ta silhouette face à moi le regard fixe, désincarné tel le mannequin derrière la vitrine d’un magasin de songes. Tu étais passé par une fenêtre intruse de l’âme, une de ces pop up windows de l'esprit pour visiter mon sommeil et maintenant tu repartais par la porte comme les gens civilisés. Ce n’était pas la première fois, en fait, tu étais plutôt un habitué des lieux. Nous étions des amis d’enfance. Longtemps, nous avions cru pouvoir grâce à la puissance de l’amitié nous passer de mots ou utiliser des mots qui signifiaient tout autre chose que leur sens officiel pour nous comprendre. L’essentiel passait en un regard, un sourire, une grimace, un ton singulier, l’amitié permettait cela. Au loin, résonna la stupide sonnerie de mon téléphone portable, celle qui abattait par trois détonations Céline Dion entonnant le refrain de la chanson du film « Titanic ». Anne Marie en pleurs. Elle venait de rentrer de son travail, elle était seule dans ce village hostile à cette étrangère, à cette « dame de la ville arrogante, pas comme nous » avec le corps inerte de mon meilleur ami sur les bras, tué sans doute d’après les gendarmes à coups de barre de fer.

 

Des cris inhumains fusèrent dans la nuit suivi d’une longue plainte qui s’étirait, s’étirait encore, élastique sonore qui finit par se détendre en un miaulement rauque. Je n’ai jamais compris comment de si adorables petites bêtes pouvaient pousser des sons aussi effrayants lorsqu’elles réglaient des comptes sous le regard impartial des étoiles. Je tournai et virai d’un côté, de l’autre, à chercher fébrilement le sommeil. Je figeai mon regard sur le visage désormais étrangement apaisé de Géraldine et je me rendormis.

 

Je me souvins alors de notre dernier dialogue.Trois jours avant sa mort, Gilbert m’avait invité chez lui à prendre l’apéro. Anne Marie couchait à l’hôtel, elle était en séminaire en région parisienne. Géraldine était chez sa sœur, partie en vacances, et elle gardait ses deux nièces. Il était minuit quand nous finîmes la bouteille de pastis entamé cinq heures auparavant.

_ Tu vois Francky, se laisser vivre c’est toujours un peu se laisser mourir.

_Ah !?! T’as plus de pistaches ?

_Non mais je sais que toi aussi, tu te poses des questions.

_Des questions, ouais, je me demandais vu que t’as plus de pistaches si t’avais pas des chips dans un placard ? Ou des cacahuètes ? Des bretzels ? Des apérigraines ? Des crackers ? Des saucisses apéritives ? Enfin un truc à becqueter, croa !

_Tu es un grand comique qui s’ignore ! Tu sais, je ne suis pas croyant enfin je ne crois pas l’être.

_Attends là, tu me l’as déjà dit un jour mais j’avais pas relevé, tu ne crois pas être croyant, c’est ça ?

_Oui, c’est bizarrement formulé mais c’est au plus près de ce que je ressens là (il se frappa la poitrine du poing), au plus profond. La nuit parfois, je fais des rêves étranges…

_Ca alors, moi aussi ! Je ne fais jamais de rêves normaux à croire que les rêves sont comme les gens que je connais, y’en a pas un de normal ! Allez, on trinque alors, à nos rêves tordus !

Il riait. Eméché, j’étais toujours plus en joie qu’à l’accoutumée tandis que lui devenait parfois sérieux à en mourir d’ennui.

_Je fais des rêves récurrents, des personnages, des visages parfois démoniaques que je n’arrive pas à identifier viennent me visiter. Il y a ce rêve de masques blancs. Au début, je ne sais pas qui se trouve réellement derrière ce masque plat, inexpressif puis le masque s’incurve, s’incurve, s’incurve, et colle littéralement à la peau d’un visage qui se dessine en relief. Il en vient à en épouser parfaitement les traits et là, je pense deviner à qui j’ai affaire mais voilà que celle que je pensais être ma mère devient Anne Marie puis José Bové, mon frère se trouve être Adolf Hitler qui est en fait Jennifer Lopez et ainsi de suite. Souvent, les changements de personnalités se succèdent à n’en plus finir, je ne sais jamais qui se cache vraiment derrière ces masques. Des histoires, des actions se passent, je fais l’amour à une superbe femme qui s’est retrouvée dans mon lit aussi vite que les femmes tombent dans les bras de leurs amants au cinéma et puis, alors que je viens de jouir, le masque bouge, change de forme et je m’aperçois que je viens de faire l’amour à mon père qui rit à s’en faire péter la glotte !  Les masques sont comme les mots, on ne sait jamais vraiment ce qui se cache derrière eux. Ces temps-ci, ils reviennent moins souvent, j’ai plutôt droit à une créature étrange, une sorte de Bouddha avec des yeux de mouches ! Il me regarde longuement émettant de petits bruits bourdonnants. Il vient souvent me voir le matin quand je suis entre deux sommeils, à ces moments vagues où je n’ai pas l’impression de dormir vraiment. Malgré le fait que je sache qu’il n’est face à moi qu’en songe, je me laisse avoir à chacune de ces apparitions et je m’éveille en sursaut. Je le vois si souvent que j’ai l’impression qu’il existe réellement dans un univers parallèle, il me connaît bien, il m’observe de ses yeux difformes, il voit tout ce que je fais ou que je ne fais pas et que, ma conscience, mes premiers réflexes me pousseraient pourtant à faire mais je ne le fais pas.

_Qu’est ce que tu devrais faire et que tu ne fais pas ?

_En gros, c’est souvent aider des gens de diverses manières mais non, je ne les aide pas, je les laisse crever et au moment où ils rendent leur dernier souffle, je tourne la tête et j’essaie d’oublier leur visage, leur histoire et le fait même que j’ai pu les croiser un jour comme s’ils étaient les fruits de l’oubli nécessaire, nécessaire pour continuer à vivre sans devenir fou. Bizarre, ce rapport que l’on a aux rêves, cette impression qu’ils sont à la fois uniques, grotesques, désuets et finalement d’une originalité assez commune. Etrange aussi, cette capacité à les effacer en partie ou totalement, un rêve est un univers complet avec sa logique parallèle propre qui ne semble plus viable passé la barrière du réveil. Malgré tout, je crois que c’est dans la plupart des cas, ce que nous produisons de plus beau dans une vie. Tout humain semble en mesure de faire des rêves magnifiques, de véritables œuvres oniriques d’une intensité émotive sans pareil. Aussi, je me pose cette question : est-ce vraiment nous qui créons nos rêves ?

_Bah qui tu veux que ce soit, c’est inconscient mais il me semble bien que ce soit nous !

_Il me semble aussi et pourtant qu’est ce que j’en sais ? L’organe ou la machine à rêve en nous, est-ce vraiment nous ou nous, transposés dans une autre dimension voire un autre « nous » ?

_Ah, le pastis, c’est fantastis !

_Le caouctchouc, super doux ?

_Super mou, super mou ! Tu connais plus tes classiques ! Excuse moi Gilbert, je t’ai coupé dans tes questionnements mais il y a un rêve que je n’ai jamais oublié enfin disons que je ne l’ai pas plus oublié que ce que j’avais déjà oublié en me réveillant ce jour là. Comme tu dis, on a toujours des souvenirs fragmentés de nos rêves, après il faut reconstituer le puzzle, j’ai jamais été très fort en puzzle, tu te souviens, ma sœur était sacrément balaise.

_Oui ça m’avait impressionné ! La Kasparov du puzzle ! Alors tu le racontes ce rêve persistant ?

_Oké, oké ! Ma mère avait invité du monde à la maison, j’étais plus jeune et je voulais l’aider. C’était pour célébrer mes fiançailles. Quelle idée même en rêve ces fiançailles ! Qui se fiance encore aujourd’hui ? Enfin bon, là, je me fiançais mais alors je savais pas avec qui, c’était un mystère, je devais découvrir l’élue au dernier moment une fois tout le monde à table. Ma mère était en train de préparer le repas, elle ouvrit une boîte de conserve et en jeta le contenu dans un saladier plein de laitue. J’écarquillais les yeux et elle se mit à tourner rapidement la salade comme pour masquer ce qu’elle venait d’y jeter mais je revoyais réapparaître ces formes caractéristiques entre deux feuilles vertes. J’étais je pense un peu dégoûté et fortement surpris alors je lui ai demandé :

_Maman, pourquoi tu as mis des bites dans la salade ?

_Il n’y avait plus de cœur de palmiers à la supérette alors j’ai pris ça, c’était un peu plus cher mais il paraît que c’est très bon. Pour tes fiançailles, on regarde pas à la dépense ! En plus, il paraît que ça donne de la force à ceux qui en mangent, une force spéciale surtout pour les hommes, on m’a dit qu’à coté le viagra, c’était du pipi de chat !

Vu que nous étions dans un rêve, la situation me paraissait tout à fait normale et je ne trouvais rien à redire aux délicates remarques de ma mère.

_Pfff ! Rien que d’imaginer la tête de ta mère entrain de dire ça !

_Attends, c’est pas fini ! Bon, elle continue de préparer sa salade puis on arrive à table, les invités sont habillés comme des paysans endimanchés et je rencontre les parents de la fille. Ces gens ont l’air sympas, c’est la fête, tout va bien et voilà que j’entends un bruit au loin. Une sorte de bourdonnement mais de plus en plus fort. Mes futurs beaux parents me sourient d’un air entendu. Je ressens une grande inquiétude et je vois débarquer un monstre difforme dans la pièce : une libellule géante.

« Voilà l’heureuse élue ! », déclame le prétendu père.

Elle me regarde comme une proie avec des yeux énormes de prédatrice. Ma famille n’est nullement choquée par l’apparence de ma fiancée qui s’installe sur la chaise violette à ma gauche juste à coté de moi, battant des ailes de temps à autres. La salade arrive, les gens félicitent ma mère, ma fiancée libellule en mange puis crache une bite, s’envole et commence à dévorer tous les gens de ma famille en faisant le tour de l’immense carré formé par les tables accolées tout cela dans le sens des aiguilles d’une montre. Elle démembre, arrache les têtes, fait des figures comme la patrouille de France ne laissant derrière elle que des gerbes de sang, le tout sous les applaudissements du reste des convives qui semblent trouver cet original spectacle absolument délicieux jusqu’à ce que leur tour arrive de se faire atrocement mutiler. Elle m’a gardé pour la fin en guise de dessert salé. Contrairement aux autres convives, elle ne m’attaque ni la tête ni les jambes mais fonce direct sur mon entrejambe !

_Wow et alors !

_Bah je me suis réveillé !

Là on avait bu, on avait du parler cinéma ou musique, je ne savais plus et puis je me souvins de ce qui suit :

_Tu vois ma vie, c’est comme le titre de ce conte de je ne sais plus trop qui « l’histoire d’une patate qui voulait désespérément devenir frite ».

_Ouais, Gilberto, ça me parle aussi mais je me dis parfois que si on avait été frite, n’aurions nous pas voulu être patate ? Je dis « être » parce que dans ce cas « devenir » me semble impossible. La matière perdue ou transformée l’est sans doute à jamais enfin je veux dire on pourra toujours essayer de la reconstituer, on ne retrouvera pas l’état initial au mieux ce sera un ersatz… 

_Tu connais Ladislav Klima ?

_Non

_Il a dit un jour : « L’homme qui se respecte quitte la vie quand il veut ; les braves gens attendent tous, comme au bistrot, qu’on les mette à la porte. »

 

Commentaires

Que d'ingrédients dans cette histoire ! Juste assez de sel et de poivre et quelques pointes de piments. Le rêve de Gilbert s'intégre parfaitement dans ce superbe assaisonnement et nous plonge un peu plus dans le mystère.
Les personnages principaux sont plantés, un superbe flash-back nous installe dans la situation et les décors ... Ah ! là là que c'est bon !

Sans déc ! Tu as fait super fort là !

Ecrit par : Elisa | 09/03/2007

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